Le Togo « champion » de la bancarisation dans l’UEMOA

La Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) a confirmé dans une publication faite le 3 novembre 2020, l’évolution des indicateurs d'utilisation des services financiers dans les 8 pays de l'Uemoa. Selon le document disponible sur son site web, le Togo arrive en tête du classement des taux de bancarisation strict (25,1%) et élargi (78,5%). Extrait !


Ce qu’il faut savoir : le taux de bancarisation strict (TBS) mesure le pourcentage de la population adulte détenant un compte dans les banques, les services postaux, les caisses nationales d’épargne et le Trésor ; et le taux de bancarisation élargi (TBE) évalue le pourcentage de la population adulte titulaire de comptes dans les banques, les services postaux, les caisses nationales d'épargne et le Trésor, auquel s'ajoute celui des détenteurs de comptes dans les institutions de microfinance.


Taux de bancarisation strict (TBS)

Dans l'UEMOA, le taux de bancarisation strict a progressé de 0,8 point de pourcentage, passant de 17,2% en 2018 à 18,0% en 2019.

Le taux de bancarisation le plus élevé a été observé au Togo (25,1%), suivi du Bénin (24,8%), du Burkina (23,2%) et de la Guinée-Bissau (20,3%). Le Niger, en revanche, affiche un taux de bancarisation strict de 6,8%.

En termes de progression par pays, le taux de bancarisation strict a augmenté de 9,5 points de pourcentage en Guinée-Bissau. Suivent la Côte d’Ivoire avec +1,3 point de pourcentage et le Burkina avec +0,9 point de pourcentage.

La hausse du taux de bancarisation strict dans l'Union est essentiellement imputable à l'augmentation de 9,0% du nombre de particuliers titulaires de comptes auprès des banques, au cours de la période sous revue. En effet, le taux d’utilisation des services bancaires est ressorti à 15,6% en 2019. Les caisses nationales d'épargne et les services financiers postaux contribuent modérément à l'inclusion financière des populations.

En dépit des efforts consentis pour renforcer l’utilisation des services bancaires, beaucoup de comptes sont restés inactifs en 2019, d’où la nécessité pour les banques d’adapter les services proposés aux besoins des populations. Les travaux en cours pour la révision du cadre réglementaire devraient favoriser la diversification de l’offre de services bancaires et contribuer à l’amélioration de la bancarisation dans l’Union. 


Taux de bancarisation élargi (TBE)

Avec la prise en compte des utilisateurs des services de microfinance, le taux de bancarisation élargi de l'Union est ressorti à 39,7% en 2019 contre 38,3% en 2018, soit une hausse de 1,4 point de pourcentage. Elle est expliquée par la faible progression du taux d'utilisation des services de microfinance, qui est ressorti à 21,7% en 2019 contre 21,1% en 2018.

Le taux le plus élevé a été enregistré au Togo (78,5%), suivi du Bénin (72,2%), du Sénégal (52,0%) et du Burkina (43,4%). Les performances enregistrées dans ces pays au niveau du secteur de la microfinance s’expliquent notamment par les politiques et les programmes de développement, qui ont été mis en place au cours des dernières années. Ces politiques ont permis aux populations, traditionnellement exclues du système bancaire, de bénéficier des services financiers. Le Niger, avec un TBE de 16,5% en 2019, apparaît comme le pays de l'Union ayant réalisé la plus faible performance en la matière.

Les évolutions les plus significatives sont observées en Guinée-Bissau (+9,5 pp), au Togo (+5,2 pp), au Bénin (+2,2 pp) et en Côte d'Ivoire (+2,0 pp). Toutefois, ces performances sont relativement faibles, comparées aux évolutions observées au cours des dernières années. La restructuration du secteur de la finance décentralisée devrait davantage contribuer à la promotion d’une inclusion financière durable. A cet égard, les opportunités offertes par les nouvelles technologies devraient permettre d’élargir l’accès des populations aux services financiers, notamment celles vivant dans les zones rurales et censées être plus proches des institutions de microfinance.


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