Bourse : la BRVM à la veille d’une crise de gouvernance ?

Bourse : la BRVM à la veille d’une crise de gouvernance ?

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) est-elle à la veille d’une crise de gouvernance majeure ? La question taraude les esprits dans les milieux financiers de la sous-région, d’autant plus que le président du conseil d’administration (PCA), Parfait Kouadio Kouassi, et son prédécesseur, Pierre Goudiaby, se « tiraillent » au sujet d’un siège d’administrateur, comme révélé cette semaine par le média spécialisé ‘Financial Afrik’.

En effet, informe le journal basé à Dakar sur  son site web, le mandat de l’actuel PCA arrive à terme en juin prochain et il voudrait bien rempiler au poste. Seul hic, le docteur en pharmacie a été notifié formellement en mars dernier par Pierre Goudiaby, celui-là qui lui avait confié le soin de conduire son mandat à terme en tant qu’administrateur représentant Atepa Technologies, qu’il ne lui renouvelait pas son siège d’administrateur à la fin de son mandat.

En rappel, Pierre Goudiaby « avait renoncé provisoirement à son poste d’administrateur pour se présenter aux présidentielles sénégalaises de 2019. De la même manière qu’il avait confié le siège d’administrateur qu’Atepa Technologies occupe depuis 1996 à feu Gabriel Fal, le sénégalais, actionnaire et membre fondateur de la BRVM.SA, avait choisi personnellement de se faire remplacer par Dr Kouassi. Ainsi, dans un document datant de 2018 que Financial Afrik a consulté, l’architecte sénégalais demandait à Parfait Kouassi de le représenter et de mener à terme son mandat, qui courait jusqu’en juin 2021. En réponse à Goudiaby, l’actuel PCA avait produit une lettre d’acceptation pour conduire le mandat à terme. Le deal semblait bien respecté jusqu’au mois de mars quand M. Kouassi reçoit la fameuse notification de Pierre Goudiaby. En clair, celui-ci voulait reprendre son poste d’administrateur », lit-on sur Financial Afrik. « Mais, assure Pierre Goudiaby à Financial Afrik, je n’ai jamais réclamé le poste de PCA. Cela ne m’intéresse pas (…) Je veux juste, au nom d’Atepa, récupérer mon siège d’administrateur en tant qu’actionnaire fondateur ».

« Cette exigence de l’architecte sénégalais se heurte au refus de Parfait Kouassi qui aurait déclaré devant le conseil d’administration que Pierre Goudiaby avait démissionné, ce que dément formellement le concepteur du siège de la BCEAO. “J’ai renoncé certes à mon poste de PCA mais comment en tant qu’actionnaire (NDRL: il est l’un des plus importants actionnaires privés de la Bourse), membre fondateur, renoncerais-je à mon siège d’administrateur ?” » En réponse à Financial Afrik, Pierre Goudiaby dément toute intention de vouloir briguer le poste de PCA ou de le confier à sa fille comme rapporté par certaines rumeurs. «  Tout ce que je veux, souligne-t-il, c’est récupérer mon mandat d’administrateur en tant qu’actionnaire historique ».

Selon Financial Afrik, l'Ivoirien Parfait Kouassi est parvenu, contre toute attente, à éjecter Atepa Technologie de son siège lors du dernier conseil d’administration. « Je n’ai jamais renoncé à mon siège d’administrateur. Je l’ai chargé de finir mon mandat en prenant le soin de le notifier par écrit et il avait accepté en retour et par écrit de mener mon mandat à son terme », martèle Atepa qui parle d’abus de confiance.

Et le journal de conclure : « la confusion est totale au sein du conseil d’administration engagé dans une bataille préjudiciable après une décennie de redressement des comptes de l’institution et une série de réformes qui ont donné de la visibilité à la place financière ouest-africaine. Le dossier Atepa-Kouassi risque de provoquer une crise de gouvernance majeure et d’atterrir devant les tribunaux si les bonnes volontés ne parviennent à emmener les deux parties en conciliation. Un bras de fer s’annonce au sein d’un conseil d’administration dont le mandat sera soumis au renouvellement en juin par l’assemblée générale ».

A suivre…


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