Sani Yaya : « Il y a risque de vulnérabilité économique, financière et sociale »

Sani Yaya : « Il y a risque de vulnérabilité économique, financière et sociale »

A l’instar des autres économies, le Togo subit (et subira) les effets de la pandémie de Covid-19 et de la crise économique qu’elle provoque. Ce qui fait craindre une vulnérabilité sur plusieurs plans.

« Nous sommes confrontés non seulement au défi de contrer la pandémie de la Covid-19, mais aussi au défi de relancer la croissance économique au moment même où les recettes publiques sont fortement orientées à la baisse. Il y a donc risque de vulnérabilité économique, financière et sociale ». Déclarations faite ce jeudi 16 juillet par le ministre Sani Yaya en charge de l’Economie à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil national du crédit. Le gouvernement, a-t-il poursuivi, veut compter sur le secteur privé dans un esprit d’inclusion et dans un esprit participatif pour élaborer la stratégie de relance économique et contrer ce risque.

Ces propos du ministre rejoignent quelque peu ceux du président Faure Gnassingbé qui, dans son discours du 1er avril 2020, avait indiqué que « nous sommes face à un risque de retour en arrière, de résurgence de l’extrême pauvreté » lorsqu'il annonçait ses « dispositions courageuses » pour faire face aux effets de la crise.

Dans son allocution du 16 juillet, Sani yaya n’a pas passé sous silence les prévisions macroéconomiques révisées compte-tenu du choc. « Les projections laissent apparaître une forte décélération de l'activité économique, avec une perte de croissance de 4,2 points de pourcentage. En effet, le taux de progression de l'activité économique est révisé à 1,3% pour l’année 2020, contre une prévision initiale de 5,5%, après un taux de 5,3% enregistré en 2019 », a-t-il déclaré.

« Si cette prévision se confirme comme nous le craignons, ce sera le taux de croissance le plus faible de l'histoire économique du Togo au cours de ces dix dernières années. Je rappelle que le taux de croissance économique au cours de la décennie passée s'est établi à 6%, en moyenne », a ajouté le ministre. Rappelant que les secteurs les plus touchés sont principalement le secteur tertiaire avec une contribution de 0,4% à la croissance économique contre une prévision initiale de 3,9%, et le secteur secondaire avec une contribution nulle, contre une prévision initiale de 0,7%. Le secteur agricole devra tirer son épingle du jeu avec une contribution attendue de 0,9% au PIB, mieux que les prévisions initiales (0,8%).

A noter que l'économie togolaise a déjà été marquée au premier trimestre de l'année par une croissance de l'ordre 2,1%, contre 5,3% sur les trois premiers mois de l’année précédente et au quatrième trimestre 2019.  Au pire des cas, le pays s'attend à une contraction annuelle de 1,5% cette année avant une reprise en 2021.  


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