Togo : la dette publique estimée à 2.555 milliards de F CFA en 2020

Togo : la dette publique estimée à 2.555 milliards de F CFA en 2020

D’après le portefeuille arrêté à fin décembre 2020, la dette publique se chiffrerait à 2 555,45 milliards de francs Cfa, soit 59,42% du PIB contre 51,95% en 2019. Ceci, selon le calcul sous le Système de comptabilité nationale (SCN) de 2008, avec 2016 comme année de base.

« Sur la dette publique, le rebasage du PIB a fait que la dette publique a baissé mécaniquement, mais le plus important de la dette publique, ce n’est pas son niveau, mais la capacité à rembourser la dette publique. Actuellement, lorsqu’on regarde et du fait que la Covid-19 a affecté un peu les recettes, affecté dans le sens que l’économie est en difficulté, ce n’est pas le même niveau de collecte qu’avant à cause de la Covid-19. Il a semblé que la capacité à rembourser la dette, qui est une métrique un peu imaginaire, baisse. C’est pour ça que je disais tout à l’heure que les conséquences de la pandémie à la Covid-19 jouent un peu sur la vulnérabilité des finances publiques, mais là où c’est solide, c’est que le niveau est en deçà avec le rebasage des 70%, ça c’est clair et net», a récemment conclu Jules Sampawendé Tapsoba, le Représentant Résident au Togo du Fonds monétaire international.

Eh bien, d’après le portefeuille arrêté à fin décembre 2020, la dette publique se chiffrerait à 2 555,45 milliards de francs Cfa, soit 59,42% du PIB (calculé sous le Système de Comptabilité Nationale (SCN) de 2008, avec une nouvelle année de base (2016)) contre 51,95% en 2019. Le taux d’endettement en 2020 respecte ainsi la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 70%. Ce portefeuille de la dette publique est moins exposé au risque de taux de change. Il est composé de 80,50% de dettes libellées en monnaie non fluctuante (FCFA et Euro) et est influencé par les fluctuations de certaines devises majeures comme le dollar US (6,88%), le yuan renminbi CNY (6,35%), les Droits de tirage spéciaux (DTS), les unités de compte de la BID (IDI) et de la BAD (UCF) «SDR (DTS)-IDI - UCF» (5,11%). Le champ de la gestion de la dette publique retenu dans la stratégie d’endettement à moyen terme 2021-2025 couvre uniquement les données relatives à la dette extérieure et à la dette intérieure de l’Administration centrale. La dette extérieure comprend la dette libellée en devises contractée auprès des créanciers multilatéraux, des créanciers bilatéraux et auprès des banques privées à l’international. Tandis que la dette intérieure comprend tous les engagements libellés en FCFA. Elle est composée des titres publics (bons et obligations du Trésor) émis sur le marché financier régional par syndication et par adjudication, des prêts de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) et des prêts contractés auprès des banques locales. Au titre de l’année 2020, le besoin de financement se chiffre à 695,41 milliards de francs Cfa hors produit de privatisation. Au 31 décembre 2020, les demandes de décaissements transmis aux bailleurs y compris la BOAD se chiffrent à 83,58 milliards de francs Cfa, soit 90,39% des prévisions inscrites au Programme des Investissements Publics (PIP).

Concernant les autres emprunts extérieurs, les décaissements se chiffrent à 232,30 milliards de francs Cfa dont 96,95 milliards dans le cadre de la seconde phase du reprofilage et 135,35 milliards pour le compte des ressources d’emprunt dans le cadre du plan stratégique de riposte contre le Covid-19, soit 123,49% de la prévision. En 2020, le Trésor public a émis des titres publics sur le marché régional de l’UEMOA pour couvrir le besoin de financement inscrit au budget pour un montant de 445,21 milliards de francs Cfa représentant 107,32% des prévisions. Le dépassement de 30,38 milliards de francs Cfa s’explique par une émission supplémentaire compte tenu des conditions favorables sur le marché financier en fin d’année 2020. L’encours de la dette extérieure ressort à 981,28 milliards de francs Cfa à fin décembre 2020 (38,40% du portefeuille), soit 22,82% du PIB. Il est composé de 48,76% des engagements envers les créanciers multilatéraux, 47,61% envers les commerciaux et de 3,63% envers les bilatéraux. A la même date, l’encours de la dette intérieure se chiffre à 1 574,17 milliards de francs Cfa et est composé de titres de créances (84,06%), de prêts auprès de la BOAD et autres banques locales (10,51%) ainsi que des autres comptes à payer (arriérés) pour 5,43%. Le coût de l’ensemble du portefeuille de la dette ressort à 4,46% en 2020 contre 4,49% en 2019. Ce coût relativement élevé s’explique par la forte proportion de la dette intérieure, dominée par les titres publics qui coûtent en moyenne 6,10%, soit au moins trois fois plus cher que la dette extérieure (1,96%). La réduction de ce coût dépendra de la capacité de l’Etat à mobiliser à moyen terme les ressources concessionnelles

La charge d’intérêt représente 2,56% du PIB. Elle est de 2,11% du PIB pour la dette intérieure contre 0,45% du PIB pour la dette extérieure. Le portefeuille est exposé à un risque de refinancement compte tenu de la maturité relativement courte des emprunts de la dette intérieure. L’encours de la dette arrivant à échéance au 31 décembre 2021 (à partir du 1er janvier 2021) représente 15,64% de l’ensemble du portefeuille de la dette, soit 9,29% du PIB. La part de la dette intérieure qui arrive à échéance représente 22,62% et celle de la dette extérieure est de 4,44%.

A noter que le Togo a procédé à un rebasage de son Produit intérieur brut (PIB), consacrant le passage du SCN 1993 au SCN 2008 (année de base 2016). Résultats : le PIB est passé de 2 618,1 milliards de FCFA à 3 574,4 milliards de FCFA, soit une réévaluation de 36,5%. Le niveau de réévaluation du PIB en 2016 est imputable principalement à l’amélioration des sources de données avec une large couverture des cibles, surtout des activités informelles qui n’étaient pas suffisamment prises en compte dans l’ancien système (SCN 1993). C’est ce qui a aussi induit que le taux d’endettement (dette rapportée au PIB) se situait plutôt à 51,9% en 2019 contre 68,3% dans l’ancien système de comptabilité SCN 1993 et, selon la prévision faite au 3ème trimestre 2020, à 51,8% contre 68,6% en 2020. Aujourd’hui, avec l’année 2020 entièrement consommée, le calcul est plus précis et le taux est à 59,42% du PIB.


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