Togo : l’effroyable taux de survie des entreprises

Togo : l’effroyable taux de survie des entreprises

Au-delà du dynamisme constaté dans la création des entreprises ces dernières années au Togo, les chiffres relatifs à la survie de ces entités sont peu reluisants.

Les données émanent du rapport de la Banque mondiale sur l’économie togolaise, publié le 8 septembre 2020. D’après ce document de 80 pages, le secteur privé local est constitué principalement d’entreprises de petites tailles, relativement jeunes et opérant principalement dans le secteur tertiaire.

OTR: une étude de référence sur l'appréciation des services aux contribuables

OTR: une étude de référence sur l'appréciation des services aux contribuables

Le Projet d'Appui à la Gouvernance Économique (PAGE) lancé en octobre 2018 par l'Etat togolais vise, au-delà de l'assainissement de l'économie nationale, une meilleure interaction entre l'Office togolais des Recettes (OTR) et les opérateurs économiques. À cet effet, annonce un communiqué de la régie financière, cette dernière lance une étude de référence sur l'appréciation des services aux contribuables, pour une meilleure mise en œuvre de cette politique.

Cette étude qui court du 9 au 18 juillet 2020, conduite par le Bureau d'Ingénierie et de Management (BIM Consultance SA), explique le commissaire général Kokou Philippe Tchodie, vise essentiellement à recueillir des informations sur la satisfaction des contribuables par rapport aux prestations de services, la perception de la corruption et le consentement volontaire à l'impôt. Aussi, précise le Directeur Général de l'OTR dans un communiqué, elle vise à recueillir des recommandations des contribuables à l'endroit de l'OTR pour l'amélioration des prestations.

Quant à la collecte des données de cette étude, elle se fera auprès des personnes indiquées des entreprises choisies de façon aléatoire, via la plateforme numérique https://forums.gle/yotdbR2f8zeN7Ec6.

Covid-19 : le Togo à l’épreuve de la relance du secteur privé

Alors que le secteur privé, premier pourvoyeur d'emplois, est touché de plein fouet par les conséquences économiques de la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, le gouvernement du Togo veut panser les plaies. Et sauver ce qui peut l’être.

Contenu dans un rapport de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, le constat est sans appel. Entre février et mars 2020, période concernée par une enquête conduite par la CCIT, les activités des entreprises du secteur privé sont touchées avec à la clé, une baisse générale du chiffre d’affaires de plus de 92% des entreprises évaluées. Cette régression se situe à plus de 75% pour 34% des structures enquêtées, et à près de 50% pour 62% d’entre elles.

« Cette baisse concerne la majorité des entreprises et est probablement due aux effets négatifs de la propagation de la pandémie », a commenté Germain Meba, le président de la CCIT. Pour lui, le secteur privé est contraint de supporter des coûts supplémentaires liés à la prise de mesures préventives et de sensibilisation.

Par ailleurs, l’étude de la CCIT – qui a permis de toucher un échantillon de 1.084 entreprises au plan national - indique que près de 62% des entreprises ont gardé la totalité de leurs salariés, et que le licenciement, la baisse de la production et l’arrêt temporaire des activités concernent plus les petites entreprises. Et si cette pandémie « dure plus de trois mois, plus de 92% des entreprises du secteur privé pensent ne pas pouvoir rembourser leurs prêts », et « plus de 84% des entreprises estiment ne pas pouvoir payer les salaires ».

Ces plaintes viennent s’ajouter à celle de zone franche où le chiffre d'affaires des sociétés aurait déjà baissé de plus de 55% selon le président du conseil d’administration de l’Association des sociétés de la zone franche du Togo (ASOZOF), Kossi Dahoue Adodo, alors même que les charges demeurent les mêmes. Là, l’on plaide pour un plan de crédit de refinancement de toutes les sociétés, lequel sera garanti par le gouvernement.

Mesures

Face à la situation, l'exécutif se veut rassurant. Interrogée par le site d’informations 'L'interview',Sandra Ablamba Johnson (photo), la ministre -Conseillère du Président de la République en charge du climat des Affaires annonce les couleurs. « Le gouvernement a pris une batterie de mesures fiscales et douanières pour accompagner les opérateurs économiques dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus. Durement affectées, les activités d’hôtellerie et de restauration ne subiront qu’un taux d’imposition de 10 %. La deuxième mesure suspend les contrôles fiscaux en cours en entreprises et les limite aux entreprises citoyennes », a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, la ministre a précisé que l’allègement de la charge fiscale pour les entreprises « passera également par la suspension des pénalités de retard pour les impôts qui arrivent à échéance au cours du deuxième trimestre et la revue des pénalités au profit des entreprises qui ont subi des contrôles fiscaux ». Un accompagnement sera proposé, a-t-elle dit, aux entreprises individuelles qui se sont retrouvées dans l’impossibilité de déposer leurs états financiers dans les délais prévus au 31 mars 2020 et aux entreprises sociétaires qui n’ont pas pu exécuter cette obligation fiscale au 30 avril.

« Allègement fiscal »

« Le gouvernement, via l’Office Togolais des Recettes (OTR), procédera à un allègement des actions en recouvrement en général et en particulier, envers les PME/PMI. Cet allègement fiscal va s’effectuer à travers l’octroi des plans de règlement échelonné à la demande et une flexibilité dans la gestion des restes à recouvrer auprès des contribuables en général et plus particulièrement auprès des PME/PMI », a poursuivi la ministre qui rappelle qu’à la CNSS, ces mesures vont de la suspension des calculs de majorations de retard aux remises exceptionnelles de majoration de retard sur les arriérés suivant des modalités.

Togo : le développement du secteur privé entravé par une fiscalité élevée (Banque mondiale)

Togo : le développement du secteur privé entravé par une fiscalité élevée (Banque mondiale)

C’est l’une des conclusions d’un rapport rendu public ce mardi par la Banque mondiale sur le Togo. Le développement du secteur privé national, selon l’institution, est entravé principalement par une fiscalité élevée ajoutée aux difficultés d’accès au financement.

Le FAIEJ à la rescousse des jeunes entreprises touchées par la Covid-19

Le FAIEJ à la rescousse des jeunes entreprises touchées par la Covid-19

Au Togo, le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) a lancé ce mardi 23 juin via visioconférence, une plateforme de financement des besoins de trésorerie des jeunes entrepreneurs dont les activités sont touchées par la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus.

« C’est la réponse institutionnelle du gouvernement togolais à vos préoccupations quant à la pérennisation des acquis de vos entreprises, notamment la valeur ajoutée et les emplois que vous avez créés au fil de vos sacrifices, de nuits blanches et de difficultés de divers ordres », a laissé entendre Sahouda Gbadamassi Mivedor (photo), la directrice générale  du FAIEJ. « Ce produit concerne les jeunes entreprises qui existent, dont l’activité existe et est impactée par la covid-19 », a-t-elle ajouté, précisant que cette plateforme a pour but de limiter les effets de la pandémie auprès des jeunes entrepreneurs.

Les jeunes entrepreneurs intéressés par ce produit du FAIEJ ont donc l’opportunité de s’inscrire sur la période du 23 juin au 22 juillet 2020 sur l’adresse www.faiej.nunyalab.tg.

Ce financement est un crédit d’exploitation  remboursable sur une période d’un an maximum.  Sa pérennité dépendra des bénéficiaires, selon la directrice générale.

La plateforme profitera dans un premier temps aux jeunes des secteurs de la transformation, de l’agriculture et de la distribution. Plus ils joueront leur partition en remboursant, plus les vagues de financement suivront et seront étendues à d’autre secteurs, promet le FAIEJ.

Les frais de branchement à l'eau potable désormais exonérés (pour les PME)

Les frais de branchement à l'eau potable désormais exonérés (pour les PME)

Les frais de branchement à l'eau potable sont dorénavant exonérés aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux petites et moyennes industries (PMI) installées ou en cours d'installation au Togo. Une initiative de la Société togolaises des eaux (TdE) qui vise à leur « créer un environnement habilitant ».  

Selon une note signée par le directeur général Gbati Yawanke Wake, la demande de raccordement en eau potable est dématérialisée et possible en ligne. « Le délai d'exécution des travaux de branchement des PME et PMI est fixé à cinq (05) jours à compter de la date de signature du contrat d'abonnement », ajoute-t-elle.

En rappel, la TDE avait accordé, aux ménages, une baisse de 25% des frais de branchement avec compteur de diamètre 15 mm. De même, la société avait annoncé qu’elle prenant en charge la totalité des frais d’extensions ciblées, avec remise de 50% sur les créances antérieures à 2015 de tout abonné dont le compteur a été déposé.

L'indicateur du climat des affaires en hausse constante au 2e trimestre (BCEAO)

L'indicateur du climat des affaires en hausse constante au 2e trimestre (BCEAO)

L'indicateur du climat des affaires est en hausse constante au 2e trimestre 2020, malgré la pandémie de Covid-19 et ses effets. Que ce soit au Togo, que la moyenne des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Coronavirus : le gouvernement et le secteur privé en concertation

Coronavirus : le gouvernement et le secteur privé en concertation

Le Comité technique du cadre de concertation du gouvernement et du secteur privé mis en place dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid -19 s'est réuni ce vendredi 15 mai sous la présidence de Sani Yaya, le ministre de l’Economie et des Finances.

La rencontre a permis aux participants (ministres, acteurs du secteur privé, émissaires de la BCEAO, etc. ) d'échanger sur les impacts de la pandémie sur les entreprises privées et l’économie de façon générale ainsi que sur les attentes du secteur privé. Ils ont également et partagé entre eux, des informations sur les mesures prises et envisagées par le gouvernement pour soutenir le secteur privé qui n'a pas manqué de poser ses plaintes. 

« Je note que le secteur privé a présenté une série de doléances qui est issue de leur analyse des impacts du Covid. Je relève que le Gouvernement a apporté de façon proactive et de façon anticipée des réponses précises et claires aux doléances », a indiqué le ministre Sani Yaya, tout en précisant que l'exécutif « n’a pas attendu que les doléances lui soient posées avant de donner des réponses », surtout que le Plan national de développement (PND) fait appel au secteur privé pour le financer à hauteur de 65%.

A l’ouverture des travaux, Sani Yaya avait déjà qualifié la pandémie d’une "véritable crise sanitaire et humanitaire mondiale aux conséquences sociales, économiques et financières désastreuses sur la vie socioéconomique". Et rappelé que tous les pays du monde ont pris des mesures draconiennes allant du respect des gestes barrières à la privation temporaire de certaines libertés individuelles et collectives qui ont entrainé le ralentissement de l’activité économique dans tous les secteurs, voire l’arrêt total de certains secteurs.

« Ces mesures drastiques qui impactent très négativement les échanges commerciaux mondiaux associés aux mesures fortes prises au niveau régional et au plan national pour endiguer la propagation du covid-19 ont eu un impact négatif sur tous les secteurs de l’économie nationale, du secteur informel et PME/PMI au grandes entreprises, le secteur tertiaires (commerce, services, voyages et tourismes) étant le plus touché », a-t-il fait savoir. Pour lui, cette crise sera « sera sans doute l'occasion de repenser notre modèle économique pour le rendre moins dépendant de l’extérieur et donc, plus résilient face aux chocs externes ».

Le secteur privé togolais reste fortement touché par cette crise et les mesures prises par l’Etat pour lutter contre la propagation du virus dans le pays. Dans un document transmis déjà le 6 mai 2020 au gouvernement, l’Association des grandes entreprises (AGET) a présenté son diagnostic de la situation par secteur d’activité, et fait part de ses craintes de licenciement, de chômage technique, de disparition d’entreprises surtout dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des compagnies aériennes et du tourisme, avant de proposer une série de mesures pour la relance de l’économie, la sauvegarde des emplois,... et un soutien au secteur privé.

Suppression des frais d’annonce légale sur le site web du CFE

Suppression des frais d’annonce légale sur le site web du CFE

Les frais d’annonce légale sur le site web du Centre de formalités des entreprises (CFE) sont supprimés depuis le 2 mars 2020. La décision avait été signée dans une note le 25 février 2020 par le ministre togolais du Commerce et de l'Industrie, Kodjo Adedze.

Cette mesure, indique-t-on, entre « dans le cadre de la poursuite des réformes pour l’amélioration continue du climat des affaires » dans le pays. Elle intervient après la réduction considérable annoncée il y a deux ans. En effet, les frais des annonces légales en ligne étaient déjà ramenés à 1.000 F CFA (1,52 euro), contre 62.000 F CFA (environ 95 euros) dans le journal officiel édité à cet effet.

A noter également que la mesure est précédée d’une décision portant suppression des frais de timbres à la création d’entreprise. Ce qui a fait passer les frais de création d’entreprise à 28.250 F CFA pour les entreprises personnes morales, et à 25.400 F CFA pour les entreprises individuelles, contre 262.250 FCFA en 2012, soit une réduction de 89%.

En rappel, le Togo a franchi en 2019, la barre des 11.000 nouvelles entreprises créées sur un an. Un chiffre record enregistré en une année au cours de laquelle les efforts du pays pour améliorer son climat des affaires ont été salués par la Banque mondiale dans le rapport Doing Business.

Sur la création d’entreprises, les réformes réalisées ont concerné la réduction du coût de création d’entreprise, la possibilité offerte aux opérateurs économiques de créer leurs entreprises SARL avec ou sans recours aux notaires, la réduction du délai de création d’entreprise et la possibilité de créer son entreprise en ligne.